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  • Journaliste multimédia. Je m'intéresse notamment aux questions de logements, habitats et les mouvements sociaux.

Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /Mars /2009 17:24
La ministre du Logement faisait la une du Parisien – Aujourd’hui en France ce matin avec une annonce qui tombe à pique à trois jours de la fin de la trêve hivernale : « Désormais, il n’y aura plus de personnes mises à la rue, plus d’expulsions sans une solution de remplacement. »

Mais malheureusement pour elle, les associations et la presse ont appris depuis longtemps à se méfier des effets d’annonces. Et pour cause : l’interview de Mme Boutin évoque à Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement (DAL), un article paru dans le même journal en 2004 où Jean-Louis Borloo alors ministre de la Cohésion sociale faisait la même promesse.

De plus l’Associated Press rappelle « qu'il y a un an, François Fillon a déjà adressé à tous les préfets une circulaire leur ordonnant, pour les personnes de bonne foi, de ne pas faire appel à la force publique en cas d'expulsion sans "solution durable de relogement mise en oeuvre" ».

Et pourtant malgré toutes ces bonnes intentions affichées, le nombre d'arrêtés d'expulsion n’a cessé d’augmenter, comme le relève l’Association des Comités de défense des locataires : de 1999 à 2007, on est passé de 71 000 expulsions par an à plus de 105 000.
 
Et il y a pire. Au cours d’une conférence réunissant les différentes associations de défense des locataires, tous les participants ont tenu à rappeler qu’il y a à peine trois semaines, la ministre du logement faisait voter une loi dont l’article 17 ramène de trois ans à un an le délai pendant lequel un juge peut suspendre son jugement d’expulsion
.

La loi sur le Droit au logement opposable a d’ailleurs défini comme public prioritaire les ménages qui sont sous le coup d’un arrêté d’expulsion. Hors dans les secteurs dits en tension comme l’Ile de France, les préfectures manquent cruellement de solutions.

Près de deux ans après le vote de cette loi, Jean-Pierre Giacomo, président de la Confédération nationale du logement (CNL) s’interroge : « A qui va-t-on faire croire que l’on va tout d’un coup ouvrir les vannes du relogement ? »
Par Elsa Nathan - Publié dans : Actualité
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