Vendredi 17 avril 2009
5
17
/04
/Avr
/2009
15:32
Vendredi 10 avril, au siège de l'association Droit devant !, c’est avec soulagement que les
88 intérimaires sans-papiers de Man BTP votent la
fin de la grève. Il leur aura fallu
9
mois d’une lutte acharnée, ponctuée de manifestations, d’occupations de leur agence d’intérim située à proximité du boulevard magenta (Paris 10), puis des sièges des plus importants donneurs
d’ordre du bâtiment (Vinci, Eiffage, Bouygues) pour obtenir le précieux sésame : 74 cartes de séjour « salarié ».
Lorsque débute leur mouvement, le 3 juillet 2008, les intérimaires sont relégués aux oubliettes de la
régularisation par le travail. Ils sont exclus de l’article 40 de la loi du 20 novembre
2007 et de la circulaire du 7 janvier 2008, qui prévoient les conditions de régularisation des travailleurs sans papiers sur demande de leur employeur. Il faut attendre le vendredi 12 décembre pour
que le ministère transmette enfin les critères communs aux préfectures, y compris ceux des intérimaires.
En juillet 2008, au début du mouvement, 133 intérimaires occupaient l'agence d'intérim Man BTP, nuit et jour.
Un reportage d'Elsa Nathan
À partir de ce moment, s’amorce un long bras de fer avec la Préfecture. Ils sont 88 et ils n’arrêteront pas leur mouvement avant d’avoir été « tous régularisés ». Et l’acharnement paie : ils ont
obtenu 23 promesses d’embauche en CDI chez Vinci, Eiffage et Rabot-Dutilleul, et 59 chez Man BTP en tant qu’intérimaire.
Au final, seuls 14 d’entre eux restent sur le carreau : « il ne justifie pas d’une assez longue durée de séjour sur le territoire », explique Jean-Claude Amara. « C’est malheureux pour eux, mais là
où on est arrivé, c’est déjà bien », estime de son côté Christian Chedouba, de Solidaires.
Car comme l’explique Djibi, l’un des délégués du mouvement : « il est temps de retourner de travail. Ça va être dur physiquement, mais moralement, c’est nécessaire. » D’autant plus que les
autorisations de séjour et de travail devront être renouvelées dans un an, et ce dans les mêmes conditions. C’est-à-dire avec un contrat de travail de minimum 12 mois.